Article paru dans Hospimédia (08/03/2017)


En septembre dernier, la Société de réanimation de langue française (SRLF) et la Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar) ont lancé le projet
Ouvrir dans le but d'aider les équipes de toutes les réanimations françaises à ouvrir leurs services aux visites des proches 24h/24, 7j/7. Ce travail a débuté par
une enquête auprès des services sur les modalités d'accueil des familles. Les résultats de cet état des lieux ont été présentés à l'occasion du congrès
Réanimation 2017. L'étape suivante consiste en une campagne d'ouverture qui s'appuie sur un site dédié Ouvrir.org .

L'enquête a interrogé 411 réanimations françaises par questionnaire électronique. 345 d'entre elles (84%) ont répondu. Et 41,6% d'entre elles ont indiqué disposer d'un horaire d'ouverture 24h/24. La répartition géographique n'a pas influé sur les résultats, au contraire de l'appartenance à un établissement universitaire, ceux-ci présentant des taux d'ouverture plus important. Quant au type d'organisation, il n'existe pas de distinction entre réanimation chirurgicale,
médicale et polyvalente, rapporte le Dr Julie Boisramé-Helms, secrétaire de la commission jeunes à la SRLF et responsable de la commission jeunes au comité de pilotage du projet Ouvrir. Par contre, il existe une différence très significative entre réanimation adulte et pédiatrique puisque plus de 95% des réanimations pédiatriques sont ouvertes 24h/24. En outre, en pratique, ce n'est pas la taille de la réanimation ni la charge de travail qui influe cette ouverture. A
contrario, disposer d'une salle d'entretien avec les familles est associé à un taux d'ouverture plus important.

 

Des facteurs facilitateurs
Cet état des lieux montre que la plupart des réanimations disposent d'une salle d'attente spécifique pour les familles (94%) et d'une salle d'entretien (86%). Un peu plus d'un tiers d'entre elles emploient un personnel dédié à l'accueil. Et plus de 80% fournissent un livret d'accueil. S'agissant de l'accueil des enfants, seuls 68% des réanimations les autorisent dans les visites. Et celles ouvertes 24h/24 n'imposent pas de limite d'âge alors que celles aux horaires restreints imposent une limite à 4 ans. Et la plupart des services autorisant la visite des enfants proposent un accueil spécifique, avec pour 35% des cas une visite préalable par un psychologue, pour 27% par un médecin, 9% par un infirmier ou un aide-soignant et 6% par la distribution d'un livret.


37% ont un projet d'ouverture d'ici deux ans
S'agissant des réanimations aux horaires restreints, 81% d'entre elles ont une seule plage horaire dont l'amplitude médiane est de six heures. À noter que 63% de ces services ne souhaitent pas élargir leurs plages de visite. Les réticences à l'ouverture sont multiples. Elles proviennent, selon un taux équivalent, des professionnels médicaux et paramédicaux et sont liées à des difficultés d'accueil des familles, à des difficultés d'organisation des soins et à la crainte d'avoir à faire à des familles envahissantes. Seules 2% des directions se refusent à cette ouverture 24h/24. À l'opposé, 36,8% de ces services ont un projet d'ouverture dans les deux ans.


Concernant les réanimations ouvertes 24h/24, la grande majorité s'estime convaincue, souligne Julie Boisramé-Helms, puisque 97% disent avoir améliorer le service rendu en fluidifiant les visites, en améliorant le contact avec les familles et en diminuant le stress du patient. Dix services rapportent certes des problèmes mais un seul informe vouloir restreindre ses horaires.

L'objectif de ce projet, affiché par les promoteurs en septembre est ambitieux : atteindre 100% d'ouverture. Pour y parvenir, le site dédié au projet fournit des clés, étape par étape, et des témoignages, explique Julie Boisramé-Helms. Un référent médecin et infirmier est également identifié dans chaque région pour soutenir les services dans leurs démarches. Et un suivi personnalisé, à la demande, peut être effectué par le comité de pilotage du projet. Un bilan de cette campagne d'ouverture sera mené d'ici la fin de l'année 2017.


Pia Hémery